RDC: “mais, je savais que le seul vouloir n’allait pas suffire” (Extrait du discours sur l’état de la Nation, du Président de la République, du 14 décembre 2020)

Président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO (Ph. Congodec.net/ Capture d’écran)

“Mais, Je savais que le seul vouloir n’allait pas suffire. Qu’il fallait établir un cadre politique et institutionnel qui soit propice à leur mise en œuvre. Et que, dans le même élan, j’ai formulé le vœu qu’ensemble, dans le cadre de notre Coalition, mon prédécesseur et moi-même allions relever les défis qui s’imposaient à nous tous en tant que citoyens de ce beau pays”.

En effet, telle qu’elle était pensée après les élections de 2018, la coalition FCC – CACH avait pour vocation non seulement de garantir une alternance pacifique et éviter à notre pays des conflits majeurs, mais aussi à servir de catalyseur pour que l’action du Gouvernement puisse mieux rencontrer les attentes de la population.

Malheureusement, la réalité des faits est que, malgré les efforts que j’ai déployés, les sacrifices que j’ai consentis et les humiliations que j’ai tolérées, cela n’a pas suffi à faire fonctionner harmonieusement cette coalition. Cela n’a pas non plus empêché l’émergence des difficultés de tous ordres au sein de celle-ci, rendant ainsi aléatoire la concrétisation du changement tant réclamé par notre peuple.  Face à cette situation qui menaçait, à la longue, le fonctionnement normal de nos institutions dont Je suis le garant, il me fallait absolument réagir, mieux agir.

Ce que j’ai fait en trois temps : tout d’abord en lançant, le 23 octobre 2020, un appel à tous mes compatriotes, toutes tendances confondues, de nous rassembler dans une UNION SACREE de la NATION, autour des principes, des valeurs et d’actions dédiés au service de la population ; ensuite, me fondant sur les prérogatives que me confère l’article 69 de notre Constitution, j’ai engagé de larges consultations des forces vives de la nation à travers des leaders les plus représentatifs de la Société civile et de la classe politique afin de recueillir leurs avis et éventuelles recommandations sur les solutions de sortie de crise ; enfin, par mon message à la Nation du 6 décembre dernier, j’ai rendu public les décisions que j’avais prises, enrichies par les apports de différents groupes et personnalités consultés.

En effet, comme cela est ressorti dans mon dernier message à la Nation, j’ai noté une forte convergence entre la très grande majorité des parties consultées et moi- même sur la nécessité de : rompre avec une coalition FCC – CACH devenue paralysante pour l’action du Gouvernement ; nommer un informateur aux fins d’identifier une coalition, conformément à l’alinéa 2 de l’article 78 de la constitution ; procéder à la formation d’un Gouvernement d’Union Sacrée de la Nation qui travaillera en harmonie avec le Chef de l’Etat ; mettre en œuvre les réformes issues des consultations dont la plupart sont les mêmes que celles voulues par le Président de la République et contenues dans le programme du Gouvernement.

C’est le lieu ici de rendre un vibrant et mérité hommage à vous, Honorables députés et sénateurs de toute tendance politique, qui avez participé activement à ces consultations où vous vous êtes appropriés des résultats et décisions qui en ont découlé, en vous inscrivant dans la dynamique de travailler avant toute chose dans l’intérêt du peuple dont vous êtes les représentants. Comme Je n’ai cessé de vous le rappeler, vous avez un rôle immense à jouer pour aider à corriger les excès du passé, à implémenter un nouveau mode de gouvernance et à veiller à ce que nous ayons un Congo pacifié, plus efficace, plus démocratique et surtout plus solidaire.

C’est pourquoi, la mission du nouveau Bureau sera de se pencher sur la revalorisation de la mission parlementaire, tout en veillant bien sûr à un meilleur traitement des députés.

La crise à laquelle nous avons assisté au sein de l’Assemblée nationale et son dénouement démocratique exemplaire à travers le traitement et le sort réservé à la pétition engagée par les députés de tous bords contre l’ancien Bureau, constitue un indice sérieux de maturité politique. Ce fait tend à démentir une certaine doxa populaire qui soutient encore que le sort de notre pays ne peut s’inscrire que dans le sang, la violence, les rébellions, les assassinats et autres coups d’Etat.

Le moment est donc venu de comprendre qu’il n’y a d’alternative à la construction démocratique que dans la paix et la concorde nationale, aussi laborieuse soit-elle. Que l’on soit de la Majorité ou de l’Opposition, chacun doit jouer sa partition dans l’amour du pays et de son peuple, et dans le respect des institutions.

Le processus de maturation de notre démocratie est irréversible. Il doit se refléter dans les prochaines échéances de remplacement de nouveaux membres du Bureau. Dans le même ordre d’idées, pour témoigner la reconnaissance de la patrie envers ses filles et fils qui auront agi dans l’intérêt du peuple, j’annonce qu’en juin 2021, en marge de la célébration du 61ème anniversaire de notre indépendance, la Patrie témoignera sa reconnaissance envers le Premier ministre Patrice Emery Lumumba, un des héros nationaux dont on n’aura procédé au rapatriement des reliques et à qui on donnera enfin une sépulture digne de son sacrifice pour la patrie.

La Rédaction

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